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Acariens : Vive le grand ménage d’automne

publié le 09/10/2023 | par Delphine Prince

Excepté dans la région du Rhône où sévit encore l’ambroisie, la pollinisation des espèces allergisantes est quasiment terminée. 

Presque plus de pollens ou presque, pas encore cloitrés, il est temps de préparer l’automne-hiver, saisons où nous sommes exposés aux allergènes de la poussière de maison.

Historiquement, les premiers tests cutanés ont été réalisés vers 1870 par Blackley, médecin et allergique qui après avoir constaté la reproduction de ses symptômes  après inhalation de pollens les a testé sur sa peau abrasée, occasionnant une papule et un érythème.

Ce n’est qu’au début du 20 eme siècle que la pratique des tests cutanés s’est développé.

Pour les allergènes intérieurs était alors testée la « poussière de maison » soupe d’allergènes composée d’acariens, de phanères animales, de moisissures, de blattes…. Progressivement, les choses se sont affinées. En 1967 on a ainsi individualisé les acariens de l’espèce dermatophagoides comme responsables de signes respiratoires. 

Mais c’est bien plus tôt que l’effet bénéfique des mesures d’éviction vis-à-vis de ce que l’on appelait alors les « allergènes climatiques », c’est-à-dire dépendants du taux d’humidité et de la température a été comprise, après que l’amélioration spectaculaire des patients hospitalisées dans des chambres propres, aux matelas régulièrement stérilisés ait été constatée.

Qui dit pas ou peu d’allergènes, dit des signes moindre d’allergie respiratoire.

Les mesures d’éviction restent la première étape du traitement de l’allergie et c’est pour les allergènes intérieurs que leur impact bénéfique est le plus grand. 

C’est l’occasion de rappeler que la lutte contre les allergènes et contre les polluants intérieurs passe par des mesures simples même si elles peuvent sembler contraignantes. En s’inspirant des 10  conseils de l’ARCAA pour limiter le risque d’allergie respiratoire, rappelons que : 

Le base de toute éviction est le renouvellement de l’air intérieur, que ce soit à l’intérieur des domiciles, dans les locaux de travail, dans les crèches et écoles. Aération et ventilation permettent de réduire non seulement la concentration en aéroallegènes  mais aussi celle des polluants intérieurs. 

Aérez au moins 20 minutes par jour, y compris en hiver : Privilégiez une aération avant 9 heures le matin et après 20 heures le soir, périodes où la concentration en polluants est moindre. 

Entretenez la ventilation en changeant régulièrement les filtres et ne bouchez surtout pas les grilles d’aération.

Les acariens se développent particulièrement à la chaleur et en milieu humide : Ne surchauffez pas.  18-20 °C, c’est suffisant. Et il n’est pas toujours utile de chauffer la chambre à coucher. Luttez contre l’humidité en maintenant une hygrométrie inférieure à 50 %, au besoin en installant des déshumidificateurs.

Ces mesures permettront aussi d’éviter l’apparition de moisissures, autre fléau de l’allergique tout autant nourriture pour les acariens qu’allergènes, irritants respiratoires voire cancérigènes.

Les surfaces en particulier les surfaces textiles sont à traiter elles aussi avec soin : 

Aspirez et dépoussiérer au moins 2 fois par semaine votre espace de vie

Utilisez un chiffon humide pour éviter de remettre en suspension dans l’air les poussières

Choisissez un aspirateur avec un filtre HEPA, à même de capturer les particules d’allergènes les plus fines, les empêchant d’être relarguées dans l’air

Evitez les moquettes, tapis, rideaux, coussins et canapés en tissus, difficiles à nettoyer et réservoirs d’acariens

La chambre à coucher est l’un des grands lieux d’exposition aux acariens et elle se doit d’être monacale : 

Rangez vos effets dans des placards fermés et ne laissez pas de piles de livres, de vêtements sur le sol ou hors des armoires.

Notre literie est le principal réservoir d’acariens : de la chaleur, de l’humidité, de quoi manger (nos débris de peau), que demande de plus le petit peuple des acariens ?

Lavez vos draps chaque semaine à 60 degrés, température au-delà de laquelle les protéines d’acariens sont détruites. 

Utilisez du linge de lit en synthétique ou coton et lavez plusieurs fois par an, à 60 °C oreillers et couettes.

Pour le matelas : difficile de le laver à 60 °C : passez l’aspirateur soigneusement sur toutes ses faces à chaque changement de draps. Et au mieux, équipez le d’une housse spécifique anti acariens.

Limiter les peluches des enfants  : Si l’enfant doit n’en garder qu’une (le « doudou… ») choisissez la en matière synthétiques, rases, et la mettre régulièrement au congélateur 12 heures, ce qui détruira les protéines d’acariens.

Au final, s’il était 2 bonnes nouvelles pour l’allergique 

Les mesures d’éviction si elles ne permettent pas de se débarrasser complétement chez tous des signes de l’allergie sont une première étape du traitement, parfois suffisante chez certains.

La réalisation de toutes ces tâches expose aux acariens. Alors allergiques de tous poils, profitez-en. Déléguez. Faites faire le travail à votre conjoint, vos parents, enfants et colocataires.

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