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Editorial : Newsletter 72

publié le 13/02/2019

Chers lecteurs,

En ce mois de février les allergiques respiratoires sont à peu près tranquilles, en effet la période où sévissent le plus les acariens est un peu passée et les premiers pollens n’ont pas encore fait leur apparition, tout cela aidé par les pluies incessantes ou la neige et le froid selon les régions.

J’ai donc fait le choix de vous parler d’allergie médicamenteuse, elles sont de plus en plus fréquentes et représentent les effets indésirables les plus fréquents des médicaments.

L’actualité de ces derniers jours a mis en exergue une molécule, le 5 fluoro uracile, médicament utilisé depuis de nombreuses années dans le traitement de cancers et pour lequel des réactions indésirables « tolérables » sont fréquentes, si on considère le bénéfice risque de ce traitement, mais qui a également provoqué des réactions très sévères, pour quelques-unes mortelles, chez des patients présentant un déficit enzymatique ne permettant une dégradation normale de cette molécule.

Il est inexcusable de provoquer la mort d’un seul individu par la prise d’un traitement censé soigner une maladie grave.

Il est surtout inacceptable de savoir qu’un test sanguin aurait permis de détecter ces patients particuliers et d’éviter la prise de ce traitement chez ceux-ci. Cependant, et que les familles touchées par ces drames ne m’en tiennent pas rigueur, il a aussi permis de prolonger la vie et certainement de sauver des milliers de patients.

En 2009, dans un ouvrage sur les allergies médicamenteuses, l’auteur consacrait déjà 2 pages aux réactions allergiques à ce traitement , et on semble ne le découvrir que maintenant.

Au delà de cette triste actualité, l’allergie est encore considérée comme une maladie mineure, les allergologues à peine comme des médecins (et il aura fallu 25 ans pour obtenir un statut de spécialité à l’allergologie), et il faut des sujets terribles d’actualité pour en parler.

Rien n’est totalement prévisible en médecine, mais ceci nous prouve que l’absence d’écoute de toutes les expertises, les obstacles administratifs, financiers, les positions immuables, les certitudes absolues sont les ennemis de notre devoir de médecin, soigner sans nuire.

Dr. Isabelle Bossé, Présidente de l’ARCAA
et les membres du Conseil d’Administration