Le blog de l'Arcaa

Editorial : Newsletter 73

publié le 13/03/2019

Chers lecteurs,

Une alerte rouge aux pollens en février : le changement climatique en cause ?

Les températures de la deuxième quinzaine de février alliées à un ensoleillement important ont affolé les rédactions qui ont parlé, filmé, écrit sur ce pic de pollens inhabituel.

Alors qu’habituellement le « marronnier » pollinique ne fait son apparition que vers le mois de mai, voire début juin en fonction de la météo, avec l’arrivée des pollens de graminées , les plus présents et les plus fréquemment en cause dans le désormais classique « rhume des foins ».

N’étant pas experte en climatologie je ne me prononcerai pas sur les effets globaux du réchauffement climatique à l’échelle planétaire.

En revanche ce que nous constatons depuis environ 15 ans, outre l’augmentation exponentielle du nombre de patients touchés par les maladies allergiques en général, ce sont différents éléments qui laissent à penser qu’au niveau d’un pays, et sur une courte échelle de temps, le réchauffement climatique, la diminution de la biodiversité, les facteurs de pollution de l’air ont un impact sur nos patients :

Saisons polliniques plus longues, début plus précoce et fin plus tardive.

Emissions polliniques de certains pollens allongées de quelques jours avant et après les périodes habituelles relevées depuis des décennies par le RNSA.

Potentiel allergisant augmenté par les modifications induites par certains polluants.

Tout ceci amène à une pathologie dite printanière à une pathologie beaucoup plus lourde de conséquences pour les patients et le système de soins en général.

Bien entendu ce n’est là probablement qu’un des effets mineurs du réchauffement climatique eu égard à d’autres catastrophes annoncées, mais pour chaque patient cela signifie des semaines voire des mois de gêne, de traitement, de fatigue …

Et il est à craindre qu’en l’absence d’actualité plus grave, les journalistes auront en plein hiver de quoi ressortir le « marronnier » des allergies aux pollens dans les prochaines années .

Dr. Isabelle Bossé, Présidente de l’ARCAA
et les membres du Conseil d’Administration