Le blog de l'Arcaa
Point de vue du Président du collège interdisciplinaire SEIQA

Grève des transports: et la pollution de l’air ?

publié le 08/01/2020 | par Fabien Squinazi

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes au 21ème jour de la grève des transports en commun en Ile-de-France. De nombreux franciliens sont contraints d’utiliser leur véhicule personnel ou de faire du covoiturage pour se déplacer.

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes au 21ème jour de la grève des transports en commun en Ile-de-France. De nombreux franciliens sont contraints d’utiliser leur véhicule personnel ou de faire du covoiturage pour se déplacer. Chaque jour, on enregistre des centaines de kilomètres de bouchons aux portes de Paris et de nombreux embouteillages dans un Paris engorgé. Un trafic routier qui représente habituellement plus de 50 % des émissions de dioxyde d’azote et environ 25 % des émissions de particules fines dans la région parisienne. Et pourtant, AirParif, l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air, ne relève aucun pic de pollution depuis le début de la grève, d’où l’absence de médiatisation de la pollution atmosphérique. L’indice de pollution citeair est resté « faible » entre 25 et 50, même si « on voit une augmentation de 13 % des émissions de polluants lors de l’heure de pointe du matin » selon AirParif. L’absence de pic de pollution durant cette période est expliquée par des conditions météorologiques favorables, le vent et la pluie de ces dernières semaines ayant permis la dispersion des polluants. Toutefois, bien que les niveaux de pollution ambiante n’ont pas atteint les seuils d’information et d’alerte, la pollution de proximité a touché plus particulièrement les automobilistes qui, enfermés dans l’habitacle de leur véhicule, respirent un air fortement chargé en polluants gazeux et particulaires.

En cas de pic de pollution, le préfet définit les zones concernées et peut notamment décider des mesures suivantes (1) modération de la circulation recommandée (2) réduction des vitesses maximales autorisées (3) circulation différenciée basée sur les certificats qualité de l’air. Les mesures s’appliquent progressivement en fonction de l’évolution du pic de pollution. En cas de circulation différenciée, le préfet précise les catégories de véhicule interdites de circulation et les éventuelles dérogations. Dans tous les cas, les véhicules sans certificat qualité de l’air ou dont le certificat qualité de l’air correspond aux catégories les plus polluantes ont l’interdiction de circuler. Tout conducteur d’un véhicule particulier qui ne respecte pas les mesures de restriction de la circulation est puni par une amende pouvant aller jusqu’à 450 €. Le dispositif départemental de gestion des pics de pollution peut aussi prévoir des mesures de gratuité des transports en commun et encourager à des modes de transport alternatifs.

La détection d’un pic de pollution en cette période contrainte de fort trafic routier aurait bien embarrassé les autorités publiques pour prendre les mesures habituelles de réduction ou de suppression des émissions automobiles, afin de limiter les effets sur la santé humaine et sur l’environnement. Mais, devant ces embouteillages persistants, les Franciliens ont choisi d’eux-mêmes d’autres modes de déplacements, notamment le vélo et la trottinette, parfois dans le vent et sous la pluie… Cette pollution de la grève des transports en commun n’a pas fait médiatiquement parler d’elle, mais insidieusement, elle expose toutes les personnes proches des sources d’émissions automobiles et elle accroît les concentrations de gaz à effet de serre (CO2 et CH4)… en bref, un bilan sanitaire et un bilan carbone peu favorables !

En adressant nos vœux pour le début de cette nouvelle décennie, nous nous devons de souhaiter un meilleur environnement pour le bien-être de tous.