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La saison automne hiver des allergies

publié le 09/11/2021 | par Delphine Prince

Avec l’automne et le froid, voici revenu le temps du cocooning. Et quoi de mieux pour embellir notre espace de vie que de nous entourer de plantes ? Mais les plantes sont-elles toujours nos amies ?

Marie-Eve a la main verte. Sur son balcon et dans son appartement s’épanouissent en toute saison fleurs et feuillages. Elle se plait à composer dans ses bacs et jardinières, de chatoyants et odorants décors de saison. Depuis peu, elle a les mains crevassées et des plaques rouges sur les doigts et le visage. Son médecin traitant évoque une dermite allergique de contact et elle adresse sa patiente à la consultation d’allergologie.

Le règne végétal est un grand laboratoire chimique et de nombreuses plantes peuvent être responsables d’une allergie de contact. Ceci occasionne l’apparition de plaques d’eczéma environ 48 à 72 heures après le contact (nous sommes ici dans un mécanisme d’allergie dite retardée). Des lésions peuvent parfois survenir sur des zones distantes (visage en particulier) avec un contact probablement aéroporté ou manuporté.

Si l’eczéma de contact aux plantes touche plus fréquemment les professionnels, plus exposés, il peut survenir lors des activités de loisirs. Toutes les molécules ne sont pas allergisantes. Plusieurs classes chimiques en particulier le sont : les lactones, les alcaloïdes, les dérivés soufrés.

Certaines familles botaniques sont elles aussi plus allergisantes que d’autres. Citons 2 variétés de plantes prisées en ce moment en raison de leur floraison automnale responsables fréquents d’allergie de contact :

La famille des astéracées, comprend de nombreuses espèces à la fois sauvages et cultivées dont les chrysanthèmes ont un fort potentiel allergisant, de part la présence de lactones.

Les jardiniers et les professionnels peuvent développer des réactions allergiques également au contact des autres astéracées : les dahlias, les marguerites, les tournesols, plantes estivales de nos jardins et balcons ainsi qu’en cuisine lors de la manipulation de certains légumes : l’endive, l’artichaud, la laitue…

Parmi les allergènes de contact, toutes origines chimiques confondues, les lactones figurent parmi les allergènes les plus souvent responsables d’allergie de contact et elles figurent à ce titre dans la batterie standardisée minimale des 30 allergènes testés lors de l’exploration d’un eczéma de contact.

La variété cultivée de la primevère souvent retrouvée dans les compositions florales pour sa touche de couleur peut être elle aussi responsable d’allergie cutanée, par le biais de la primine.

La mousse de chêne séchée, les hortensias, les lierre eux aussi prisée pour la réalisation de nos compositions florales sont parfois responsables d’une allergie de contact.

Certaines ce ces substances se retrouvent également dans les huiles essentielles extraites de ces plantes et dans les parfums.

Le diagnostic se fera par un interrogatoire minutieux (quelles plantes ont-elles été manipulées et quelle a été la chronologie des signes). Des tests cutanés sont réalisables, soit avec les substances incriminées, soit avec des morceaux de la plante. Dans tous les cas, comme pour tout diagnostic d’une allergie de contact, les substances ou échantillons à tester sont mis en contact durant 48 heures avec la peau. L’allergologue évite bien sur de tester directement les plantes irritantes.

La majorité des dermites au contact des plantes d’intérieur est irritative

Si on sait se prémunir des épines visibles, certaines plantes sont parsemées en surface de micro pointes à l’origine de microlésions et de dermites irritatives

Si les cactus ont leurs épines visibles, certains portent également les glochides cachés sous leurs épines. Certaines espèces de lierre portent à leur surface des trichomes

Les cristaux d’oxalate de calciumprésents à la surface des dieffenbachias sont eux aussi irritants.

Les Poinsettias ou Roses de Noel contiennent un latex allergisant qui peut être responsable de bulles (décollement cutané).

L’allergie respiratoire

Les ficus et caoutchoucs contiennent un latex potentiellement responsable non seulement de réactions de contact mais aussi de part leur caractère aéroporté de rhinite et d’asthme per annuel. Leur protéine allergisante est retrouvée dans la poussière de maison. Les allergologues ont coutume d’interroger leurs patients quant à la présence de ce type de plantes dans leur intérieur.

Les plantes d’appartement sont également émettrices de pollens et leur terreau être porteur de moisissures allergisantes et irritantes.

Alors faut-il avoir des plantes à la maison ?

A vous de décider. Si ni vous ni votre famille ne présentez de signes d’allergie, aucune raison de vous en priver !

Dans le cas contraire, en cas de lésions uniquement au contact cutané : évitez de manipuler les plantes et portez impérativement des gants si vous devez le faire. En cas de signes respiratoires, pensez à l’implication possible de vos vertes compagnes. Et parlez-en à votre allergologue.