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Voilà revenu le temps des frimas. Avec lui sont de retour non seulement les virus respiratoires mais aussi nos ennemis les acariens.

publié le 10/10/2022 | par Delphine Prince

Avec la rentrée et le rafraichissement des températures, rhumes, otites et bronchites sont là.

Mais derrière ces épisodes infectieux ou supposés tels, aux différents âges de la vie, l’allergie avance parfois cachée. 

Les signes classiques de l’allergie respiratoires ne sont pas spécifiques et d’autres causes telles que les expositions virales, la pollution, le tabagisme passif peuvent causer des signes identiques. Nombre de patients nous consultent ou nous amènent leurs enfants car ils sont depuis quelques temps « toujours malades » et ils enchainent rhumes, sinusites, otites et bronchites à une fréquence inhabituelle.

C’est alors qu’il faut penser à l’allergie qui ne pourra être correctement prise en charge que si elle est diagnostiquée et qui ne pourra être diagnostiquée que si on la recherche. Ceci est valable quel que soit l’âge du patient.

Prenons en exemple le cas de l’asthme du jeune enfant, motif fréquent de demande de bilan allergologique, sous des dénominations multiples de « bronchites asthmatiformes », « toux chronique », « laryngite »…

La Société Pédiatrique de Pneumologie et d’Allergologie a émis des recommandations concernant l’asthme de l’enfant de moins de 36 mois, sous l’égide de la HAS (la Haute Autorité de Santé). Les experts s’intéressent entre autre à la recherche des déclencheurs, aux mesures à prendre concernant l’environnement, aux facteurs de persistance de l’asthme, toutes questions posées par les parents à l’allergologue.

Chez le jeune l’enfant, hors de toute présomption d’origine, la définition de l’asthme est d’abord clinique et les experts définissent l’asthme du nourrisson comme tout épisode de gêne respiratoire avec râles bronchiques survenus au moins 3 fois depuis la naissance et cela quel que soit l’âge, la cause déclenchante, l’existence ou non d’une atopie. Ces épisodes typiques sont discontinus, souvent précédés d’un rhume et il peuvent durer plusieurs jours d’affilée, avec des périodes d’accalmie.

Entre les épisodes tout retourne à la normale. En revanche il n’est pas rare de rencontrer des patients tout petits ou plus grands chez lesquels les épisodes de ce type s’enchainent avec parfois des signes pendant une dizaine de jours par mois.

L’asthme peut aussi prendre la forme d’une toux chronique ou récidivante nocturne, d’une toux persistante après une bronchiolite, de sifflements persistants, d’une toux après l’effort.

Quel que soit le masque pris par l’asthme et indépendamment des déclencheurs, il est l’important de l’identifier et de consulter pour recevoir un traitement adapté.

Alors quand faut-il penser à l’allergie ? 

Les experts rappellent,  à juste titre, la nécessité dans cette tranche d’âge  des moins de 36 mois, de pratiquer un examen radiologique afin d’éliminer des diagnostics différentiels importants tels qu’une malformation ou l’inhalation de corps étrangers.

La réalisation d’un bilan allergologique est recommandée :

Chez les petits qui ont des symptômes respiratoires persistants malgré le traitement de fond et/ou sévère et/ou nécessitant un traitement de fond en continu.

Si on retrouve des antécédents personnels d’atopie avec l’existence chez le patient petit ou grand enfant  d’une allergie alimentaire, d’un eczéma atopique, d’une rhinite

Si on retrouve des antécédents familiaux d’atopie chez les parents ou la fratrie : eczéma, asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire

Mais leur absence ne permet pas à elle seule d’éliminer l’allergie.

Les tests cutanés, pierre angulaire et examen de première intention du diagnostic de l’allergie peuvent être réalisés dès le plus jeune âge.

Le délai d’attente pour un rendez-vous chez l’allergologue étant parfois long, le médecin qui suit l’enfant pourra débuter et adapter le traitement de fond. N’hésitez pas à le consulter.

Les parents des jeunes asthmatique n’hésiterons pas non plus à assainir le domicile, évitant ainsi l’exposition tant au tabagisme qu’aux polluants et en appliquant une éviction des acariens de principe et l’interdiction aux animaux domestiques d’accéder à la chambre à coucher, surtout s’il y a des signes d’atopie associés.

La consultation avec l’allergologue visera à affiner cette adaptation de l’environnement par des mesures d’éviction adaptées, à dépister et à traiter les manifestations atopies associées, à adapter le traitement médicamenteux, et dans une certaine mesure à prédire l’évolutivité de l’asthme.

Car la grande question des parents, une fois les signes de l’asthme stabilisés par un traitement bien conduit est bel et bien : Mon enfant va-t-il rester asthmatique toute sa vie ?

Si l’asthme du tout petit peut évoluer tant vers la rémission que vers la persistance, cette évolution est difficilement prédictible pour un enfant donné à l’instant T.

Il est clair qu’un tout petit déjà sensibilisé aux pneumallergènes continuera à souffrir d’allergies respiratoires, même si l‘asthme peut parfois faire place à la rhinite allergique. L’environnement sera adapté et un suivi au long cours débuté.

En cas de bilan allergologique négatif et de persistance des signes au-delà de 3 ans, il ne faudra pas hésiter à consulter de nouveau l’allergologue qui renouvellera le bilan.

Enfin chez certains de nos petite « siffleurs » , l’asthme évoluera favorablement vers la rémission complète.

Conclusion : 

  1. En cas de signes respiratoires persistants ou répétés, touchant les voies respiratoires hautes ou basses, quel que soit votre âge, pensez à l’allergie, 
  2. N’oubliez jamais que nous vivons dans un monde complexe : les signes clinques ne sont pas soit allergiques soit liés à l’exposition au tabac ou aux polluants, soit infectieux, viraux ou bactériens mais au contraire intriqués entre eux et autoentretenus les uns par les autres.
  3. Une mesure utile au contrôle de toutes ces causes restera : Aérez (votre domicile), Aérez (votre chambre et celle de vos enfants), Aérez (vos locaux de travail, votre école, votre crèche).

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